Kolkata et notre dinner in the street

En nous baladant dans la ville, nous avons rencontré une famille qui vit dans la rue, comme beaucoup en Inde. C’est en passant dans Sudder – Street que les deux femmes nous ont interpellés comme ils savent si bien le faire. Elle nous ont demandé de les prendre en photo, puis de s’asseoir avec elles pour discuter et prendre un chaï (thé). Nous avons accepté car nous avons été heurtés par le bébé qu’elle avait dans ses bras. Il avait 1 mois, il était né dans la rue, et était tout piqué par les moustiques. Elle ne nous ont pas abordés comme tous les autres. Ca fait longtemps qu’elles vivent dans la rue, et elles ont trouvé le moyen d’aborder les gens sans leur demander de l’argent. Au début, c’est juste pour discuter, puis après au cours de la discussion, elles en arrivent au fait qu’elles vivent dans la rue, et que ce n’est pas facile avec leur enfant. Puis elles nous ont gentiment demandé de leur acheter à manger, ce que, bien sûr, nous ne pouvions pas refuser. Nous sommes donc allés avec elles à un petit magasin dans lequel elles nous ont dit qu’elles avaient des prix, et qui ne vend qu’aux locaux. Nous leur avons acheté du lait en poudre pour leur bébé, ce qui coûte extrêmement cher, nous avons pris deux boites de 500g, plus 2 litres d’huile. Ca nous a coûté 1000 roupies. Elles étaient très contentes, et pour nous remercier, elles ont insisté pour que l’on vienne manger avec elles et leur famille le soir. Nous n’avons pas pu, ou pas su, refuser, et donc elles nous ont donné rendez-vous à 19 heures en insistant bien sur le fait qu’il fallait qu’on soit là.

Quand on donne notre parole, on ne revient pas dessus. On les a donc retrouvées à 19 heures pour ce fameux « dinner in the street ». Ils étaient très contents de nous revoir, et s’étaient tous bien préparés comme ils pouvaient pour nous recevoir. Le mari de l’une des deux femmes était aux fourneaux en train de préparer un petit plat à manger. Nous avons donc joué avec les enfants et pris quelques photos souvenir, puis nous avons commencé le repas par des galettes de pomme de terre et de piment. Zobouile a craché du feu mais c’était super bon. Puis ils nous ont servi deux grosses gamelles de riz avec des pommes de terre des petit pois et du mouton, tout ça avec une sauce au curry. C’était très bon. Mais comme nous étions un peu gênés de manger leur nourriture alors que c’est déjà pas facile de s’en procurer pour eux, on leur a dit qu’on ne prenait qu’une gamelle et qu’ils pouvaient manger l’autre. Ils ont insisté pour qu’on mange les deux mais on n’a pas lâché l’affaire : ils ont fini par manger l’autre.

C’est au cours de notre repas que nous avons rencontré un homme de 60 ans qui venait régulièrement en Inde, et qui avait choisi de ne plus donner 10 roupies par-ci 10 roupies par-là, parce qu’il pense que ça ne les aide pas beaucoup : à la fin de la journée tu as donné beaucoup, mais un peu partout. Il a donc choisi de n’aider qu’une famille afin de pouvoir vraiment tisser des liens. Cela faisait donc longtemps qu’il leur donnait de l’argent, mais il nous disait que plus ça allait, plus ils lui en demandaient, toujours avec de nouvelles raisons. Il se rendait compte que, bientôt, il leur donnerait plus d’argent que ce que lui-même utilise pour vivre. Cet homme voulait vraiment les aider à s’en sortir et à quitter la rue, car ce ne sont pas forcément des plus démunis. Ils ne sont pas mal, plutôt jeunes et intelligents, ils pourraient, nous disait-il, trouver des moyens pour ne plus vivre dans la rue. Mais comme ils se sont habitués à ce mode de vie, et que leur petite technique pour appâter le touriste est bien rodée et les fait vivre, ils n’ont plus l’air d’avoir envie de changer de mode de vie. Ceci le rend triste, car il se rend compte que ses efforts ne servent pas à grand-chose finalement. Il nous a dit aussi qu’on était courageux d’avoir accepté de manger avec eux, que lui ne l’aurait pas fait : il nous a ramenés un peu sur terre en nous rappelant les conditions d’hygiène, ce qui nous était sorti de la tête un court instant.

Mais après qu’il nous ait dit tout ça, nous nous sommes remis en question, et on a arrêté de manger. Même si eux ne semblaient pas malades, on ne voulait pas choper n’importe quoi sachant que nos défenses immunitaires doivent être surement moins habituées que les leurs. Nous avons donc fini notre discussion, le monsieur est parti, et nous n’avons pas tardé à faire de même.

Bilan de notre dinner in the street : sur la route du retour on se posait mille et une questions. On se trouvait un peu neuneus d’avoir mangé sans réfléchir, et avions peur d’être malades. Mais tout s’est bien passé, nous n’avons pas été malades, et avons passé une très bonne soirée !

Si on peut vous laisser un conseil, ne faites pas comme nous : c’est risqué et peut-être un peu con de choper une maladie juste parce qu’on n’a pas su dire non.

Mais ça nous a permis de faire de très agréables rencontres, ce qui est le plus important dans cette histoire.

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